Depuis le mois de février, le centre hospitalier Sainte-Marie au Puy-en-Velay a ouvert un centre de neuromodulation unique en Haute-Loire. « Dans la région Auvergne Rhône-Alpes, il n’y a qu’à Lyon, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne et Grenoble qu’on retrouve un tel dispositif », souligne Philippe Ramona, médecin chef au sein de l’établissement.
Le centre de neuromodulation, installé dans un bâtiment entièrement refait, repose sur l’acquisition d’une machine de stimulation magnétique transcranienne répétée (RTMS).
« Elle permet de stimuler ou d’inhiber les neurones grâce à un champ magnétique créé par une bobine. C’est une technique simple qui peut être associée à un traitement médicamenteux. »
Philippe Ramona (Médecin chef)
Cette dernière a pour but, au sein de l’établissement de santé ponot, de traiter les troubles dépressifs (stimuler les neurones) ainsi que les troubles schizophréniques, les hallucinations (inhiber les neurones). « Nous connaissons les zones du cerveau qui sont concernées par la dépression et nous pouvons ainsi agir sur elles directement », complète le docteur Lionel Gratuze, psychiatre au sein de l’établissement. « La machine fonctionne comme un IRM (Imagerie par résonance magnétique). Avec ce traitement, il n’y a pas d’effet secondaire. Le seul risque est de provoquer des crises d’épilepsie, mais c’est extrêmement rare », souligne de son côté Manon Degaichia, infirmière.
Le traitement RTMS n’est pas accessible à tout le monde
Mais qu’est-ce que le traitement RTMS ? Celui-ci consiste à générer un champ magnétique très localisé qui va agir sur certains neurones du cortex cérébral. Le but est ainsi de réajuster l’activité physiologique de ces zones cérébrales. Mais le traitement n’est pas accessible à tout le monde même si « nous avons une forte demande », avoue Lionel Gratuze.
Pour recevoir ce traitement, le patient présentant des troubles dépressifs doit avoir reçu deux traitements médicamenteux n’ayant pas marché et présenter une intolérance aux antidépresseurs (allergies…). « Le traitement par RTMS n’est pas encore reconnu, donc il n’est pas remboursé, précise Lionel Gratuze. Il existe depuis 1985 et n’a été validé aux États-Unis qu’en 2008. »
Lors du premier rendez-vous, on explique et on présente la machine au patient
Avant de commencer le traitement, le patient a rendez-vous avec un médecin psychiatre, après avoir été orienté par son médecin traitant. Une stratégie thérapeutique est alors décidée et le patient est tenu au courant de tout. « Lors du premier rendez-vous, on explique et on présente la machine au patient, insiste l’infirmière Manon Degaicha. Pour celui-ci, la présence d’un médecin est indispensable. Avec la machine, nous déterminons les zones que nous allons traiter. » Le patient est ainsi, le plus souvent au centre hospitalier Sainte-Marie, équipé d’un bonnet sur lequel des marques sont effectuées afin de retrouver, lors de chaque séance, les zones à traiter facilement et éviter les prises de repères à répétition.
Lors de la première séance, le médecin détermine les zones à traiter de chaque patient afin d’être le plus efficace possible (photo Manuel Cladière).
« Chaque personne réagit différemment. Il faut personnaliser le traitement afin d’être le plus efficace possible », confie le personnel soignant. De manière générale, le traitement est composé de vingt à trente séances d’une durée de quarante minutes pour soigner les dépressions, à raison d’une séance par jour. « Il faut plusieurs séances pour constater une évolution chez les patients qui n’ont qu’une appréhension avant de commencer le traitement : ils espèrent que ça va marcher », glisse Manon Degaicha.
Pour le moment, le centre hospitalier traite cinq personnes tous les matins et espère pouvoir en accueillir un plus grand nombre.
Chaque année, l’établissement reçoit plusieurs centaines de patients atteints de troubles dépressifs. Cette innovation est une grande avancée pour le centre hospitalier ponot. « Avec, on peut soigner des personnes que l’on ne pouvait pas avant », conclut le médecin chef du centre hospitalier Sainte-Marie Philippe Ramona.
Manuel Cladière
July 17, 2020 at 12:22PM
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Un nouveau traitement pour soigner les dépressions au Puy-en-Velay - L'Eveil de la Haute-Loire
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